Independent music distributor · Since 2002
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LAS VEGAS S/T

Year2015
FormatCD
StyleRock
AvailabilityIn stock
14.50 €Buy

Description

If green felt and failure had a sound, if lucre was anything less than filthy, if there was any merit at all to the meretricious, LAS vegas would not exist formed as it was around the dueling talents of Kris Engelen, Raphaël Rastelli, Eugene S. Robinson, and Dominique Van Cappellen-Waldock and capturing, or as near as possible, the chill of endless neon and nights full of nothing but.

WHO: Kris Engelen (programming/synths), from Brussels, solo creator of ambient/industrial Lost. // Raphaël Rastelli (programming, recording/mixing), co-founder of Brussels-based cinematic doom band von Stroheim. // Eugene S. Robinson (voice/lyrics) as 'The American Friend'. Sings for OXBOW (bio, interview). // Dominique Van Cappellen-Waldock (songwriting, lyrics, guitar, voice/theremin) started Baby Fire

Titles

01. Grand
02. Scissors
03. Hole Man
04. Haku
05. White Snow White
06. Cream
07. Lucre
08. Champagne
09. Black Lily

Press

Perte & Fracas (FR · SKX · 30/05/2015)


Difficile de ne pas parler de LAS vegas sans passer en revue le personnel. Trois Belges et un Américain. Du plat pays qui n'est pas le mien, LAS vegas sort de sa manche Kris Engelen (programmation, synthés) du groupe Lost, projet electro-ambient (qui m'est totalement) inconnu, Raphaël Rastelli (programmation) du groupe Von Stroheim et surtout Keiki, groupe dont on avait déjà causé par ici et qu'il partage avec Dominique Van Cappellen-Waldock, chanteuse et guitariste aussi de LAS vegas et de Baby Fire, un autre duo dont il faudrait vous causer si jamais les journées passent à vingt-six heures. Et puis vous avez l'amerloque, un poil dru plus connu, Eugene S. Robinson, voix, muscles et âme d'Oxbow. Mais ceci n'est pas une énième participation de Robinson la tentacule à un groupe existant déjà auparavant. LAS vegas, c'est un nouveau groupe, une entité à part née de la rencontre de Robinson et des Belges lors d'un titre de Keiki sur lequel Eugene poussait la chansonnette, tout comme il avait prêté sa voix sur un morceau de Baby Fire.

Maintenant, tu peux prendre ta pelle et creuser. LAS vegas, ce n'est pas paillettes et champagne, bien qu'un titre porte ce nom. C'est comme regarder la mort en face et te dire que t'as bien fait de faire toutes ces conneries avant, d'avoir profiter de la vie avant de plonger dans un no man's land blafard. Exit, par ici la sortie, maintenant, tu vas payer. Ils sont quatre là-dedans mais c'est minimaliste comme pas deux. Une boite à rythme rachitique (quand elle existe), une guitare comme la peau sur les os, déflagrations à l'économie, rêches, mélodies sur un fil et un habillage sonore électronique comme un lointain sonar en perdition, l'écho d'une vie qui n'a jamais été à la dispense. Alors pour la chaleur et un brin d'humanité, il faut s'en remettre aux chants. Celui de Dominique et celui d'Eugene. Et les deux ensemble, c'est le mariage parfait, le dédoublement de personnalité, les lignes qui se répondent, la même phrase se chevauchant dans un décalage subtil, le canon en fanfare sans la mort au bout, comme quand Robinson le fait tout seul sur ses multiples collaborations (par exemple la dernière en date 202 Morningside) et double sa propre voix. Sauf qu'entre la sonorité du chant féminin proche d'un PJ Harvey et les complaintes de cordes vocales masculines sur lesquelles pèsent tour à tour toutes les souffrances et la colère du monde, le frisson est encore plus grand.

Rouge flamboyant, Exit clignote des feux d'un amour contrarié, d'une beauté poignante qui ne laisse que peu d'espoir mais vous transi d'une passion violente, soudaine et incompréhensible. Un procession envoûtante, neurasthénique comme un White Snow White plus noire que noire, des résidus industriels finissant de crépiter sous un soleil gris, des bouts d'harmonies sur lesquelles s'abandonner et rebondissant sur la rugosité des cordes de la guitare, un sens de l'accroche mélodique qui va droit au but et vous remue de l'intérieur dans un mouvement primitif et une instrumentation rudimentaire, un mur de lamentations derrière lequel ça vibre intensément. On pourrait leur reprocher une descente en abîme un peu trop profonde et trop continuelle. Il faut attendre le dernier morceau (Black Lily) pour que la boite accélère le rythme mais même là, ça fait froid dans le dos. C'est à poil que LAS vegas se présente. Et bordel, que c'est beau.


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