Description
Verdun was born in 2010 by the communion of 5 heavy and hypnotic music enthusiasts. Their masters are Black Sabbath, Hawkwind, Pentagram, Pagan Altar or Saint Vitus. After many nights under influence spending time to torture their instruments in a wet cave, they decide to leave the darkness and to carry the psychedelic flame that burns inside themselves ! No trig drums, no guitar heros, just heavy riffs, tortured melodies embedded in a fog of delay, some spectral voices and atmospheres that introduce the end of the world.
Press
Music in Belgium (FR · François Becquart · 07/10/2012)
Tout dans ce groupe appelle attention et inquiétude. Le nom, d'abord : Verdun. Verdun et son cortège de souvenirs meurtris, cette bataille de la Première Guerre mondiale qui compta à elle seule pour le quart des pertes totales des armées française et allemande. Six mois de combats acharnés, le Stalingrad de 14-18. Ce nom évoque à lui seul la grisaille des cieux enfumés par les incendies, le bruit lourd des obus dévastant la pierre des forts et des casemates, la longue plainte des blessés et l'amoncellement des morts.
Eh bien, le Verdun de Montpellier réunit toutes ces mignonnes évocations à lui seul, avec son doom sludge pesant et hanté, dont on peut se faire une idée à l'occasion de la sortie de son premier EP. Enfin, un EP de trois titres qui dure 32 minutes, on a déjà vu des albums long format plus courts que ça. Rappelons que le "Raining blood" de Slayer ne dure que 29 minutes et que la première galette de Verdun n'est qu'à quatre minutes de la durée du "Sergeant Pepper" des Beatles.
Autre motif de se mobiliser avant même d'avoir consacré une oreille à ce disque : le titre de l'ensemble. L'évasion cosmique de l'amiral Masuka n'est pas le genre de truc qui laisse indifférent. On ne sait pas très bien qui est cet amiral Masuka, dont le nom peut rappeler le collègue de Dexter dans la célèbre série médico-meurtrière. Encore une belle référence à des choses tout en douceur et emplies de grâce printanière.
Vous l'aurez compris, les types de Verdun ne rigolent pas. Ces cinq Montpelliérains auraient pu se contenter de vivre le reste de leur âge au soleil du Languedoc-Roussillon, sirotant pastis et baignant sous le soleil de la Grande Motte. Mais non, il faut qu'ils explorent une musique bien plus adaptée au ciel gris du Nord, à la terre poisseuse des bassins miniers et à la langueur des climats steppiques. En trois titres longs et rugueux, les types nous démontrent par a + b qu'ils ont parfaitement intégré les influences Sleep, Electric Wizard, Pentagram ou Saint Vitus et qu'ils sont également parvenus à trouver un son propre, qui évite l'ennui pouvant naître sur des titres sludge de plus de dix minutes, et qui associe avec brio éléments névrotiques et un certain psychédélisme hérité d'Hawkwind.
Rien n'est superflu sur ce disque de Verdun, nouveau groupe français qui peut s'enorgueillir de rejoindre le club des formations hexagonales capables de rivaliser avec la qualité anglo-saxonne. Gojira a vraiment eu des effets bénéfiques sur la scène française : son succès international a décomplexé des centaines de formations françaises qui rompent enfin les ponts avec Johnny Hallyday et la French touch du rock électro. Verdun fait partie de ces nouveaux soldats de la révolution rock underground française. Continuez, les gars !
Shoot ME Again (FR · Fred · 06/03/2012)
Ce matin du 21 février, il fait froid. Horriblement froid, un froid métallique qui vous transperce jusqu'aux os. Il faut dire que pataugeant dans la boue depuis plusieurs heures, l'humidité a fait son oeuvre à travers les guenilles que l'on nous a refilé en guise d'uniformes.
L'air est de plus en plus électrique au fur et à mesure que le soleil se lève. Et quand je parle du soleil, n'y voyez pas la chaleur douce des rayons lumineux, mais plutôt l'expression de l'aube qui éclaircit sommairement la brume qui recouvre les champs. Quelque chose se prépare de l'autre côté. On entend un martèlement lourd et pesant. On nous dit d'être sur nos gardes. Nous sommes tendus. Nous devons ressembler de plus en plus à des bêtes aux aguets avec cette tension grandissante.
Quand enfin le tonnerre gronde. Il s'abat sur nous un nombre incalculable de déflagrations. L'ennemi est invisible et pourtant partout. La terre ne cesse de trembler. Le sol rejette en lambeau ses entrailles. Nous étions déjà presqu'enterrés vivants. Nos cris étouffés peinaient à trouver leur chemin. Maintenant il ne règne plus que bruit assourdissant et explosions lourdes.
Cela fait maintenant plusieurs semaines que cela dure. C'est long. Tonitruant. Mais on finit par s'endormir durant les heures de repos accordées. L'ambiance est pesante. Derrière ce matraquage, les images manquent de son mais on devine très bien celui que doivent faire ces cris silencieux. Parfois, il nous semble entendre un murmure venant d'outre-tombe. Sauf que dans la tombe, nous y sommes. C'est d'ailleurs nous qui l'avons creusée. L'autre est invisible. Sans doute ne nous voit-il pas plus. Chacun campe, bien ancré, dans ses positions. C'est à celui qui résistera le plus longtemps aux assauts de l'autres.
L'apocalypse n'est pas humaine. Le fer et le feu ont recouvert la plaine durant 10 mois. 300.000 personnes y ont laissé leurs viscères entières. 500.000 autres une partie d'eux-mêmes. Ce 19 décembre, l'un et l'autre prenons conscience que tout cela n'aura permis aucun gain de territoire et fût vain. Le monde n'est qu'atrocité, celle-ci n'en fut qu'une de plus, même si elle figure parmi les plus sanglantes de l'Histoire. Et parce que la nature humaine est pourtant bestiale, elle remettra le couvert quelque 24 ans plus tard. L'inhumain s'écrit en musique. VERDUN s'en inspire !
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